Archive pour mai 2010

Les sites illégaux, une perte de quelque millions d’euros pour la France I

Actuellement, approximativement 2 millions de joueurs fréquentent les sites illégaux en France. Cela se traduit par  une perte de recettes fiscales d’environ 112 millions d’euros. En faisant une comparaison avec la situation italienne, on estime qu’après l’ouverture du marché français le nombre de sites illégaux qui vont tenter de s’implanter en France devrait s’élever à 2700 sites. Les causes sont principalement les contraintes réglementaires du marché français, la fiscalité élevée, et l’interdiction de certains types de jeux.

Tous ces chiffres sont présentés par le consultant marketing Francis Merlin dans sa nouvelle étude qui analyse l’incidence des sites illégaux sur le marché français. Il y affirme que les mesures de répression (blocage des sites, amendes, prison) mises en place en France pour lutter contre les sites illégaux sont les plus répressives du monde, mais pas réellement efficaces. Il constate que la raison de cette inefficacité est liée au fait que l’internet n’est pas contrôlable et que toutes ces mesures de répressions seront soit pour la plupart contournables, soit difficilement applicables sur un plan technique et juridique, et en tout cas d’un coût de mise en œuvre extrêmement élevé.

Une fois le marché français ouvert, de nombreux joueurs pourraient être tentés de continuer à jouer sur les sites illégaux. Les joueurs les plus insatisfaits de l’offre des jeux seront les joueurs de casino et de bingo, car ces activités sont interdites en France, et particulièrement les joueurs de poker. Selon Francis Merlin, les meilleurs moyens pour limiter l’impact des sites illégaux sur le marché français seraient, d’une part la modération des contraintes fiscales afin de déterminer les opérateurs illégaux à prendre une licence en France, et d’autre part la suggestion d’une offre de jeux plus large pour que les joueurs arrêtent de fréquenter les sites illégaux.

Ces mesures pourraient finalement aider les joueurs à revenir fréquenter les sites légaux. Il est normal qu’ils puissent trouver sur le marché français les types de jeux qu’ils souhaitent et en même-temps que les mesures mises en place en France les protègent.

Continuation

Les sites illégaux, une perte de quelque millions d’euros pour la France II

En outre, le spécialiste prévoit que les opérateurs légaux vont être durement pénalisés dans la mesure où les sites illégaux ne sont pas soumis aux règles du marché français, coûteuses à mettre en œuvre, avec une fiscalité élevée et des investissements publicitaires importants. En traduisant cela en chiffres, la France va perdre en 2011 environ 450 millions € du chiffre d’affaires du marché français liée aux sites illégaux et 34 millions € recettes fiscales.

Il faut noter que tous les pays du monde, sans aucune exception, sont victimes des attaques des sites illégaux. Donc, il faut être conscient que les mesures les plus restrictives ne sont parvenues aucunement à inverser la tendance. En Italie, par exemple, on est en train d’ajuster ses règles, tant sur le plan de la fiscalité que sur celui des types de jeux autorisés. Le marché italien est structuré de manière semblable à celui français et les mesures de blocage des sites ont été rapidement contournées par les opérateurs illégaux avec la participation active des joueurs.

Les autorités américaines ont été encore plus drastiques et ont bloqué les transactions financières via Mastercard et Visa, mais cette procédure n’aura pas beaucoup d’effets, puisque la majorité des joueurs utilisent depuis plusieurs années les porte-monnaies électroniques.

La où tous les types de jeux sont autorisés et la fiscalité est réduite, comme en Angleterre, le phénomène est moins développé. Au pôle opposé, l’Allemagne se confronte avec un nombre élevé de sites illégaux, qui sont fréquentés par 2 millions de joueurs. De plus, elle a été avertie par la Commission Européenne sur le blocage des transactions financières, qui contrevient au droit européen. En Espagne, même si les sites illégaux sont nombreux, seules des mesures administratives sont envisagées.